Entrer - Sortir - Entrer à nouveau. Vous avez surement déjà eu cette impression en arrivant dans une pièce que vous connaissez bien, que quelque chose a changé. Vous êtes venus là souvent, vous avez observé les détails, vous les connaissez d'ailleurs. C'est un cadre décroché, une ampoule grillée, une photo en plus, un vide ou un plein, ou une autre lumière et son cortège métamorphe d'ombres.
C'est ainsi qu'il m'a frappé, le dépaysement à Beyrouth. J'étais entrée mille et une fois dans la ville en regardant mes pieds ou le ciel ou la rue ou chaque détail. Je les connaissais bien. Une familiarité gênante entre la ville et moi, comme un malaise entre deux personnes qui réalisent que la distance s'est creusée et qu'il reste si peu à dire.
De quoi pouvais je m'étonner? Je l'avais vu circuler cette ville ; parcourue, en voiture et même à pieds. J'y avais marché, acheté, vécu. Toujours eu des clés, des repères : le resto du quartier, la station d'essence qu'il faut indiquer au taxi, le cordonnier, le four [équivalent de nos boulangeries mais à disposition de chacun pour préparer ses manakiche (genre de pizzas au thym que les libanais mangent le matin)] où à 3ans je faisais des catastrophes en rigolant beaucoup, à 15ans on me proposait le fils pour un mariage prochain...
Alors c'était put être le ciel de ce jour là, la manière si particulière qu'a eu l'automne d'arriver, l'improbabilité de voir tomber une feuille jaunie par 28°, ou juste une manière d'appréhender finalement la ville dans son ensemble, avec une distance consommée à la France. Accepter la synthèse qu'a fait Beyrouth (et le Liban) de toutes les cultures qui l'effleurent.
C'était une question de laisser mon regard ployé aux changements et juxtapositions de la ville.
samedi 31 octobre 2009
mercredi 28 octobre 2009
Saida (excursion du samedi 24 octobre)
[avis a la population, je tappe le premier message manuscrit qui attend dans mon cahier, mon oridnateur etant en panne les publications sont plus espacees. Desolee pour les accents et les apostrophes, je suis sur un clavier qwerty libanais]
Une autoroute qui tranche vers le sud a ete preferee a la petite route qui sillonne sur la cote. On passe un peu plus loin des plages et le paysage urbain qui s etale avec morosite a raison de mon envie de dormir.
Reveils vagues, sans souvenirs. La petite voiture roule toujours sans notion du temps qui passe. On a quitte les embouteillages et roule librement sur quelquechose qui doit etre un des grands axes de communications du pays.
Reveil enfin au son d un muezzin. Sur les terrasses qu on longe et le bord de mer des femmes voilees, des familles nombreuses, et seulement des hommes qui se baignent. On se gare facilement. A l evidence nous ne sommes plus a Beyrouth.
Un peu devant "se dresse" la citadelle (je dis "se dresse" car elle me parait bien petite), mon seul souvenir de la ville. Sauf mes narines, qui se souviennent : Saida et son odeur de poisson pas frais...Pas change!
La digue qui mene aux vieilles pierres est entouree d eau. La derniere fois, nous etions la a maree basse et nous avions traverse en evitant de regarder la vase, ses ordures et ses cadavres de poissons.
Ce sont les heures les plus chaudes de la journee et le contraste entre la lumiere refletee par les pierres claires et l ombre des vestiges de salles fait mal aux yeux. Le vertige de la fatigue...Helene et moi ne faisons pas les fieres.
On monte sur toutes les terrasses, regardant tantot la mer, tantot la ville, tantot le semblant de port industriel d ou provient un fracas permanent. Ballet de vieille ferraille et de pelleteuse rouillees. La scene vue d en haut fait sourire : le tas de branches d acier lachees en vrac sur le bateau ressemble aux montagnes de jouets que les enfants empilent pour mieux vider la caisse ensuite. Je prefere ne pas imaginer ou seront delestees ces ordures rouillees et bruyantes.
Sous cette chaleur les pas sont tres lents...trainants. Il faut dire que meme a ce rythme les decors, eux, passent rapidement. On se laisse guider, on erre dans la vieille ville. L odeur du port a laisse place a celle du narghile, du marchem du savon et du bois. Ateliers de menuisiers, charrettes de fruits, chats qui se faufilent, enfants qui gardent les boutiques. Plus de kitsch que de typique sur ces etales de la vieille ville qu on imagine tres bien parcourue par les touristes. Mais derriere chaque coin se cache le monde arabe, perdu a Beyrouth.
Cette expression ici ne fait pas appel aux images de grand luxe venues de Dubai et a la richesse des pays petroliers. Je parle du monde arabe des orientalistes, celui habite par les mouches les plus tenaces et un islam envoutant. Il est au detour d un balcon, d un terrasse, d une fenetre... A Damas et surtout Alep dans mes souvenirs.
Des heures a ce pas ralenti, a demander notre chemin a chaque coin pour faire chanter la langue. Et chacun de nous repondre en prenant plusieurs minutes pour etre sur qu au prochain coin nous ne serons pas perdues. Pourtant nous persistons dans le refus de suivre un chemin et finissons par ne nous reperer qu a notre guise et a la perspective sur la mer.
Repas de poisson (certainement charge en Mercure) puisque c est ici qu on le peche, riz au safran et amandes.
La fatigue reprend le pas sur l etonnement, les ambiances se melent. On continue l excursion vers un flanc de montagne. Couvent orthodoxe, icones dorees. Sobriete apres exuberancem desert apres fourmiliere. Puis maison en ruines perdue dans un champ d oliviers en etages. Cette fois en contrebas il n y a que la vallee, des villages et des pierres. Sentier de ronces dans lequel je me suis jetee. Premiere vue de verdure sans contamination regrettable. Trois plateaux d oliviers plus bas, la vue valait les cicatrices laissees par les epines : une falaise a pic dans un ocean vert. Aucune trace d automne sur ces arbres et ces pentes, si ce n est le brouillard qui loge en alternance sur une colline ou l autre.
Une autoroute qui tranche vers le sud a ete preferee a la petite route qui sillonne sur la cote. On passe un peu plus loin des plages et le paysage urbain qui s etale avec morosite a raison de mon envie de dormir.
Reveils vagues, sans souvenirs. La petite voiture roule toujours sans notion du temps qui passe. On a quitte les embouteillages et roule librement sur quelquechose qui doit etre un des grands axes de communications du pays.
Reveil enfin au son d un muezzin. Sur les terrasses qu on longe et le bord de mer des femmes voilees, des familles nombreuses, et seulement des hommes qui se baignent. On se gare facilement. A l evidence nous ne sommes plus a Beyrouth.
Un peu devant "se dresse" la citadelle (je dis "se dresse" car elle me parait bien petite), mon seul souvenir de la ville. Sauf mes narines, qui se souviennent : Saida et son odeur de poisson pas frais...Pas change!
La digue qui mene aux vieilles pierres est entouree d eau. La derniere fois, nous etions la a maree basse et nous avions traverse en evitant de regarder la vase, ses ordures et ses cadavres de poissons.
Ce sont les heures les plus chaudes de la journee et le contraste entre la lumiere refletee par les pierres claires et l ombre des vestiges de salles fait mal aux yeux. Le vertige de la fatigue...Helene et moi ne faisons pas les fieres.
On monte sur toutes les terrasses, regardant tantot la mer, tantot la ville, tantot le semblant de port industriel d ou provient un fracas permanent. Ballet de vieille ferraille et de pelleteuse rouillees. La scene vue d en haut fait sourire : le tas de branches d acier lachees en vrac sur le bateau ressemble aux montagnes de jouets que les enfants empilent pour mieux vider la caisse ensuite. Je prefere ne pas imaginer ou seront delestees ces ordures rouillees et bruyantes.
Sous cette chaleur les pas sont tres lents...trainants. Il faut dire que meme a ce rythme les decors, eux, passent rapidement. On se laisse guider, on erre dans la vieille ville. L odeur du port a laisse place a celle du narghile, du marchem du savon et du bois. Ateliers de menuisiers, charrettes de fruits, chats qui se faufilent, enfants qui gardent les boutiques. Plus de kitsch que de typique sur ces etales de la vieille ville qu on imagine tres bien parcourue par les touristes. Mais derriere chaque coin se cache le monde arabe, perdu a Beyrouth.
Cette expression ici ne fait pas appel aux images de grand luxe venues de Dubai et a la richesse des pays petroliers. Je parle du monde arabe des orientalistes, celui habite par les mouches les plus tenaces et un islam envoutant. Il est au detour d un balcon, d un terrasse, d une fenetre... A Damas et surtout Alep dans mes souvenirs.
Des heures a ce pas ralenti, a demander notre chemin a chaque coin pour faire chanter la langue. Et chacun de nous repondre en prenant plusieurs minutes pour etre sur qu au prochain coin nous ne serons pas perdues. Pourtant nous persistons dans le refus de suivre un chemin et finissons par ne nous reperer qu a notre guise et a la perspective sur la mer.
Repas de poisson (certainement charge en Mercure) puisque c est ici qu on le peche, riz au safran et amandes.
La fatigue reprend le pas sur l etonnement, les ambiances se melent. On continue l excursion vers un flanc de montagne. Couvent orthodoxe, icones dorees. Sobriete apres exuberancem desert apres fourmiliere. Puis maison en ruines perdue dans un champ d oliviers en etages. Cette fois en contrebas il n y a que la vallee, des villages et des pierres. Sentier de ronces dans lequel je me suis jetee. Premiere vue de verdure sans contamination regrettable. Trois plateaux d oliviers plus bas, la vue valait les cicatrices laissees par les epines : une falaise a pic dans un ocean vert. Aucune trace d automne sur ces arbres et ces pentes, si ce n est le brouillard qui loge en alternance sur une colline ou l autre.
mercredi 21 octobre 2009
Blues is on the town, and clouds too...
Ca va, mais des vieilles nostalgies qui reviennent, comme si je cherchais qqch auquel me raccrocher pour avoir une attache encore. C'est comme si ma vie d'ailleurs me fuyait.
Bref. C'est étrange l'expatriation...
Bref. C'est étrange l'expatriation...
mardi 20 octobre 2009
Going North
(voila plusieurs jours que j'ai des problèmes à afficher correctement mon tableau de bord de blog, je n'ai aucune idée de comment sortira ce message)
Dimanche nous avons conduit vers le Nord pour fuir la chaleur écrasante de Beyrouth. Si un orage se prépare, voilà une semaine qu'il se fait attendre, et le ciel s'alourdit chaque jour alors que le soleil continue à tapper. Vers le nord donc, où au lieu de la fraicheur, nous avons trouvé un vent chaud venu du désert.
Là bas les olives atteignent la maturité, et on commence à les cueillir, en contrebas les plages font les plein.
Petit village, couvent ancien. Vue dégagée sur la côte qui s'étend et serpente.
Calme sonore, pentes couvertes d'oliviers, carrières de pierres blanches qui donnent un aspect contrasté au paysage : la stérilité de la pierre et l'exubérance de la verdure.
Quand on regarde vers l'aval, les contradictions libanaises sont consommées. Les carrières qui cassent la montagne donne sur des usines de ciment qui s'étalent, fument et cachent en partie la dernière merveille de la vue : le bord de mer et l'eau turquoise.
Sunday I've traveled out of Beirut to some place in the North. Amazing landscapes of snow-white stones, green hills covered with olive trees, and in the valley factories hiding part of the beautiful seashore. Some more contradictions...
Dimanche nous avons conduit vers le Nord pour fuir la chaleur écrasante de Beyrouth. Si un orage se prépare, voilà une semaine qu'il se fait attendre, et le ciel s'alourdit chaque jour alors que le soleil continue à tapper. Vers le nord donc, où au lieu de la fraicheur, nous avons trouvé un vent chaud venu du désert.
Là bas les olives atteignent la maturité, et on commence à les cueillir, en contrebas les plages font les plein.
Petit village, couvent ancien. Vue dégagée sur la côte qui s'étend et serpente.
Calme sonore, pentes couvertes d'oliviers, carrières de pierres blanches qui donnent un aspect contrasté au paysage : la stérilité de la pierre et l'exubérance de la verdure.
Quand on regarde vers l'aval, les contradictions libanaises sont consommées. Les carrières qui cassent la montagne donne sur des usines de ciment qui s'étalent, fument et cachent en partie la dernière merveille de la vue : le bord de mer et l'eau turquoise.
Sunday I've traveled out of Beirut to some place in the North. Amazing landscapes of snow-white stones, green hills covered with olive trees, and in the valley factories hiding part of the beautiful seashore. Some more contradictions...
mercredi 14 octobre 2009
Ruy Blas, Victor Hugo, acte III scène 2:
Ruy Blas, survenant :
Bon appétit, messieurs ! -
tous se retournent. Silence de surprise et
d’inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise les
bras, et poursuit en les regardant en face.
ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
de servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
l’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez pas ici d’autres intérêts
que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
-mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L’Espagne et sa vertu, l’Espagne et sa grandeur.
Ruy Blas, survenant :
Bon appétit, messieurs ! -
tous se retournent. Silence de surprise et
d’inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise les
bras, et poursuit en les regardant en face.
ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
de servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
l’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez pas ici d’autres intérêts
que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
-mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L’Espagne et sa vertu, l’Espagne et sa grandeur.
lundi 12 octobre 2009
Rencontre avec un poète
Pause de midi, conversations entrecoupées d'alarmes incendie qui se déclenchent sans raison. Un son strident, assourdissant, qui limite les échanges à de faibles sourires exprimant le désarroi commun.
Silence enfin. Puis le dialogue se recrée, banal, divertissant, sans grand intérêt. Small talks auxquels je ne participe pas.
Un nouvel entrant, inconnu. J'observe les visages, vois de la reconnaissance. Exclamations! "Bienvenu! Où étais tu? Tu rentres seulement?"
Je m'intéresse de plus près au nouvel arrivant. Des manières prononcées qui sautent aux yeux, des lunettes rondes en écailles trop petites sur le visage joufflu, un personnage singulier...
Pendant ce temps on a recommencé à se plaindre des élèves qui, cette fois, manquent de sensibilité artistique. C'est donc un artiste...
Mais encore...
Il invite à venir le voir le 28octobre, date qui raisonne dans ma tête comme celle du salon du livre . Je suis encore plus attentive, bien qu'il ne s'adresse pas vraiment à moi. Il faut assister à son hérésie de l'année dit-il, participation -j'avais deviné- au salon du livre. il récitera un texte, qu'on l'a invité à écrire, ainsi que quelques quarante autres auteurs "francophones", pour répondre à la question : Pourquoi écrire?
Il continue son monologue sur l'absence d'Andrée Chedid, puis le refus bienvenu d'Amin Maalouf, et enfin sur sa réponse.
Eloquence impressionnante dont je reviens en comprenant qu'il récite des extraits. Pamphlet sur le devenir de la langue, sur le pourquoi écrire en français. La dette reçue en recevant la langue, la manière d'y faire honneur. Cela ne va pas sans évoquer Richard Millet.
J'ose le dire. Me fais piéger en parlant d'auteur franco-libanais, et l'insulte en les rapprochant. J'ai l'immunité de la jeunesse que j'affiche et du statut non littéraire. Sans intérêt on me répond comme à une naïve jeune enfant, étudiante tombée à cette table par erreur du nid de bêtise qui l'abrite d'habitude. J'en joue et garde mon avance à être arrivée sans préjugés et à avoir certainement quelque chose à répondre à cette question posée aux renommés écrivains.
Un air de provocation entonné à tue-tête ; une personnalité publique qui ne brise pas qu'un seul taboo libanais ; un amour de l'art qui reste ésotérique à celui qu'il appelle sarcastiquement simple mortel...
Portrait et récit d'une rencontre avec Alain Tasso, qui traine semblerait-il dans les couloirs de l'université.
Silence enfin. Puis le dialogue se recrée, banal, divertissant, sans grand intérêt. Small talks auxquels je ne participe pas.
Un nouvel entrant, inconnu. J'observe les visages, vois de la reconnaissance. Exclamations! "Bienvenu! Où étais tu? Tu rentres seulement?"
Je m'intéresse de plus près au nouvel arrivant. Des manières prononcées qui sautent aux yeux, des lunettes rondes en écailles trop petites sur le visage joufflu, un personnage singulier...
Pendant ce temps on a recommencé à se plaindre des élèves qui, cette fois, manquent de sensibilité artistique. C'est donc un artiste...
Mais encore...
Il invite à venir le voir le 28octobre, date qui raisonne dans ma tête comme celle du salon du livre . Je suis encore plus attentive, bien qu'il ne s'adresse pas vraiment à moi. Il faut assister à son hérésie de l'année dit-il, participation -j'avais deviné- au salon du livre. il récitera un texte, qu'on l'a invité à écrire, ainsi que quelques quarante autres auteurs "francophones", pour répondre à la question : Pourquoi écrire?
Il continue son monologue sur l'absence d'Andrée Chedid, puis le refus bienvenu d'Amin Maalouf, et enfin sur sa réponse.
Eloquence impressionnante dont je reviens en comprenant qu'il récite des extraits. Pamphlet sur le devenir de la langue, sur le pourquoi écrire en français. La dette reçue en recevant la langue, la manière d'y faire honneur. Cela ne va pas sans évoquer Richard Millet.
J'ose le dire. Me fais piéger en parlant d'auteur franco-libanais, et l'insulte en les rapprochant. J'ai l'immunité de la jeunesse que j'affiche et du statut non littéraire. Sans intérêt on me répond comme à une naïve jeune enfant, étudiante tombée à cette table par erreur du nid de bêtise qui l'abrite d'habitude. J'en joue et garde mon avance à être arrivée sans préjugés et à avoir certainement quelque chose à répondre à cette question posée aux renommés écrivains.
Un air de provocation entonné à tue-tête ; une personnalité publique qui ne brise pas qu'un seul taboo libanais ; un amour de l'art qui reste ésotérique à celui qu'il appelle sarcastiquement simple mortel...
Portrait et récit d'une rencontre avec Alain Tasso, qui traine semblerait-il dans les couloirs de l'université.
vendredi 9 octobre 2009
Il y a que la blanche colombe a trois cents tonnes de plomb dans l’aile…
Puisque trop souvent on a bombardé ici la paix venue d’ailleurs. Le ferment d’un peuple libanais qui était si noble à l’époque de Tanios où émergeaient déjà ces tensions. On a cru à l’unité, on lui a construit un cadre institutionnel dans la représentation et l’égalité de chacun. On a reconnu des communautés, on les a différenciées. Petit à petit elles se sont individualisées, dominant l’une après l’autre, par elles mêmes, ou aux noms de pays qui s’interposent (Iran, Syrie, Israël… « et mais qui d’autre ? »).
Aujourd’hui ce qui frappe c’est la haine de l’autre politique. Chacun est "plus bête que ses pieds, manipulé par un chef de guerre, un politicien véreux, un criminel, …" Aux FL ! au 14 mars ! au printemps ! à la guerre ! aux massacres ! pas au Liban. On ne fait même plus semblant de parler d’intérêt public. Et on oublie les personnes derrière les opinions politiques, derrière les choix de vote, derrière l’abstention. Il y a les Arméniens, les musulmans de tel quartier (voyez l'article de l'Orient dont la réf est un peu plus bas), les saoudiens… Partout désenchantement ou verve ! De mesure aucune, démesure.
On accorde à chacun le nom de Libanais, mais quand on refuse une potentielle domination des uns, ce n’est pas autre chose que le droit de faire partie d’un peuple qui a toujours mélangé ces groupes qu’on leur refuse. On a cessé de chercher qui unira le mieux, on se bat pour éviter que l’autre divise différemment. Et tant savent que personne ne gagnera…
Je n’ai aucune prétention de comprendre quelque chose à cette politique, ni à la politique d’ailleurs… J’y perçois des choses, selon mes sensibilités incolores et transpartisanes. De la lutte des classes de l’imaginaire communiste, il reste la lutte. Ici on n’agit pas, on se bat. Cette différence de discours, discours serti d’un diadème religieux, ne peut que me choquer. Un manque d’ouverture d’esprit, un jugement hâtif, dur et sec ? Non je ne crois pas, plutot un constat : un voile se lève sur chacun quel qu’il soit, quand tout à coup un coup de klaxon au rythme partisan retentit et que la conversation dans la voiture tourne à l’intolérance.
Mais encore une fois je vous le dis…je n’ai rien compris.
Aujourd’hui ce qui frappe c’est la haine de l’autre politique. Chacun est "plus bête que ses pieds, manipulé par un chef de guerre, un politicien véreux, un criminel, …" Aux FL ! au 14 mars ! au printemps ! à la guerre ! aux massacres ! pas au Liban. On ne fait même plus semblant de parler d’intérêt public. Et on oublie les personnes derrière les opinions politiques, derrière les choix de vote, derrière l’abstention. Il y a les Arméniens, les musulmans de tel quartier (voyez l'article de l'Orient dont la réf est un peu plus bas), les saoudiens… Partout désenchantement ou verve ! De mesure aucune, démesure.
On accorde à chacun le nom de Libanais, mais quand on refuse une potentielle domination des uns, ce n’est pas autre chose que le droit de faire partie d’un peuple qui a toujours mélangé ces groupes qu’on leur refuse. On a cessé de chercher qui unira le mieux, on se bat pour éviter que l’autre divise différemment. Et tant savent que personne ne gagnera…
Je n’ai aucune prétention de comprendre quelque chose à cette politique, ni à la politique d’ailleurs… J’y perçois des choses, selon mes sensibilités incolores et transpartisanes. De la lutte des classes de l’imaginaire communiste, il reste la lutte. Ici on n’agit pas, on se bat. Cette différence de discours, discours serti d’un diadème religieux, ne peut que me choquer. Un manque d’ouverture d’esprit, un jugement hâtif, dur et sec ? Non je ne crois pas, plutot un constat : un voile se lève sur chacun quel qu’il soit, quand tout à coup un coup de klaxon au rythme partisan retentit et que la conversation dans la voiture tourne à l’intolérance.
Mais encore une fois je vous le dis…je n’ai rien compris.
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